reflet.

reflet.
# Posté le dimanche 11 mai 2008 07:49

poème.

poème.
Une Charogne.

Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d'été si doux :
Au détour d'un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,

Les jambes en l'air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d'exhalaisons.

Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande nature
Tout ce qu'en semble elle avait joint ;

Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s'épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l'herbe
Vous crûtes vous évanouir.

Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D'où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.

Tout cela descendait, montait comme une vague,
Ou s'élançait en pétillant ;
On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
Vivait en se multipliant.

Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l'eau courante et le vent,
Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.

Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
Une ébauche lente à venir,
Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
Seulement par le souvenir.

Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d'un ½il fâché,
épiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu'elle avait lâché.

Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
étoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion !

Oui ! telle vous serez, ô reine des grâces,
après les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses.
Moisir parmi les ossements.

Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
De mes amours décomposées !


Charles BAUDELAIRE
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# Posté le dimanche 11 mai 2008 07:44

belle image.

belle image.
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# Posté le dimanche 11 mai 2008 07:42

darfour.

darfour.
Darfour

Eux que leur mère a du abandonner un soir
En confiant au hasard leur pauvre destinée
Ils sont là, pauves chiots, Attendant au trottoir
Seulement de la mort un geste de pitié.


Ils sont nus. Ils ont faim. Ils vivent sans vouloir
être morts ou vivants. Les mouches assoiffées
De puanteur assaillent leurs lèvres craquelées
Et leur besoin premier ce serait d'émouvoir.


Baroque ment armée, une troupe puissante
De soldats ivres-morts défile indifférente
Poursuivant on ne sait quelle fatalité.


Leurs yeux d'enfants mourants fixent le néant noir.
Même la peur serait effrayée à les voir .
La soldatesque passe en les foulant au pied.
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# Posté le dimanche 11 mai 2008 07:38

moi et mes soeur.

moi et mes soeur.
je les adores toutes les trois on s'entend super bien,bisous a vous 3 et passer une bonne journée.
# Posté le vendredi 09 mai 2008 07:07

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